Guillaume Apollinaire: Noviazgo / Les fiançailles

17 de abril de 2014






A Picasso

La primavera deja errar a los novios perjuros
y que las plumas azules que sacude el ciprés
donde anida el pájaro azul se agiten como hojas.

Una Madona al alba ha cogido las rosas silvestres
y mañana vendrá a por los alelíes
para poner en los nidos de palomas que destina
a ese palomo que al anochecer parecía el Paracleto.

En el limonarcillo se enamoraron
con el amor que amamos las últimas en llegar.
Los pueblos lejanos son como párpados
Y entre los limones están sus corazones suspendidos.

Versión fragmentaria de Claire Deloupy, única disponible en español



Versión original completa

à Picasso

Le printemps laisse errer les fiancés parjures
Et laisse feuilloler longtemps les plumes bleues
Que secoue le cyprès où niche l'oiseau bleu

Une Madone à l'aube a pris les églantines
Elle viendra demain cueillir les giroflées
Pour mettre aux nids des colombes qu'elle destine
Au pigeon qui ce soir semblait le Paraclet

Au petit bois de citronniers s'énamourèrent
D'amour que nous aimons les dernières venues
Les villages lointains sont comme les paupières
Et parmi les citrons leurs coeurs sont suspendus

______

Mes amis m'ont enfin avoué leur mépris
Je buvais à pleins verres les étoiles
Un ange a exterminé pendant que je dormais
Les agneaux les pasteurs des tristes bergeries
De faux centurions emportaient le vinaigre
Et les gueux mal blessés par l'épurge dansaient
Étoiles de l'éveil je n'en connais aucune
Les becs de gaz pissaient leur flamme au clair de lune
Des croque-morts avec des bocks tintaient des glas
A la clarté des bougies tombaient vaille que vaille
Des faux cols sur les flots de jupes mal brossées
Des accouchées masquées fêtaient leur relevailles
La ville cette nuit semblait un archipel
Des femmes demandaient l'amour et la dulie
Et sombre sombre fleuve je me rappelle
Les ombres qui passaient n'étaient jamais jolies

______

Je n'ai plus même pitié de moi
Et ne puis exprimer mon tourment de silence
Tous les mots que j'avais à dire se sont changés en étoiles
Un Icare tente de s'élever jusqu'à chacun de mes yeux
Et porteur de soleils je brûle au centre de deux nébuleuses
Qu'ai-je fait aux bêtes théologales de l'intelligence
Jadis les morts sont revenus pour m'adorer
Et j'espérais la fin du monde
Mais la mienne arrive en sifflant comme un ouragan

______

J'ai eu le courage de regarder en arrière
Les cadavres de mes jours
Marquent ma route et je les pleure
Les uns pourrissent dans les églises italiennes
Ou bien dans de petits bois de citronniers
Qui fleurissent et fructifient
En même temps et en toute saison
D'autres jours ont pleuré avant de mourir dans des tavernes
Où d'ardents bouquets rouaient
Aux yeux d'une mulâtresse qui inventait la poésie
Et les roses de l'électricité s'ouvrent encore
Dans le jardin de ma mémoire

______

Pardonnez-moi mon ignorance
Pardonnez-moi de ne plus connaître l'ancien jeu des vers
Je ne sais plus rien et j'aime uniquement
Les fleurs à mes yeux redeviennent des flammes
Je médite divinement
Et je souris des êtres que je n'ai pas créés
Mais si le temps venait où l'ombre enfin solide
Se multipliait en réalisant la diversité formelle de mon amour
J'admirerais mon ouvrage

______

J'observe le repos du dimanche
Et je loue la paresse
Comment comment réduire
L'infiniment petite science
Que m'imposent mes sens
L'un est pareil aux montagnes au ciel
Aux villes à mon amour
Il ressemble aux saisons
Il vit décapité sa tête est le soleil
Et la lune son cou tranché
Je voudrais éprouver une ardeur infinie
Monstre de mon ouïe tu rugis et tu pleures
Le tonnerre te sert de chevelure
Et tes griffes répètent le chant des oiseaux
Le toucher monstrueux m'a pénétré m'empoisonne
Mes yeux nagent loin de moi
Et les astres intacts sont mes maîtres sans épreuve
La bête des fumées a la tête fleurie
Et le monstre le plus beau
Ayant la saveur du laurier se désole

______

A la fin les mensonges ne me font plus peur
C'est la lune qui cuit comme un oeuf sur le plat
Ce collier de gouttes d'eau va parer la noyée
Voici mon bouquet de fleurs de la Passion
Qui offrent tendrement deux couronnes d'épines
Les rues sont mouillées de la pluie de naguère
Des anges diligents travaillent pour moi à la maison
La lunbe et la tristesse disparaîtront pendant
Toute la sainte journée
Toute la sainte journée j'ai marché en chantant
Une dame penchée à sa fenêtre m'a regardé longtemps
M'éloigner en chantant

______

Au tournant d'une rue je vis des matelots
Qui dansaient le cou nu au son d'un accordéon
J'ai tout donné au soleil
Tout sauf mon ombre

Les dragues les ballots les sirènes mi-mortes
A l'horizon brumeux s'enfonçaient les trois-mâts
Les vents ont expiré couronnés d'anémones
O Vierge signe pur du troisième mois

______

Templiers flamboyants je brûle parmi vous
Prophétisons ensemble ô grand maître je suis
Le désirable feu qui pour vous se dévoue
Et la girande tourne ô belle ô belle nuit

Liens déliés par une libre flamme Ardeur
Que mon souffle éteindra O Morts à quarantaine
Je mire de ma mort la gloire et le malheur
Comme si je visais l'oiseau de la quintaine

Incertitude oiseau feint peint quand vous tombiez
Le soleil et l'amour dansaient dans le village
Et tes enfants galants bien ou mal habillés
Ont bâti ce bûcher le nid de mon courage



Alcools, 1913
Imagen: The poet Guillaume Apollinaire in Picasso’s atelier (11 Bld. de Clichy), Fall 1910 -by Pablo Picasso


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Octavio Paz - 31 de marzo de 1914 / 19 de abril de 1998

31 de marzo de 2014






Foto Daniel Mordzinski
Vía Entre Gulistan y Bostan


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Alain Resnais: Van Gogh (video documental)

27 de marzo de 2014







Francia, 1948
Dirección y edición: Alain Resnais
Narrador: Claude Dauphin
Guión: Gaston Diehl y Robert Hessens
Producción: Pierre Braunberger, Gaston Diehl y Robert Hessens
Música original: Jacques Besse
Fotografía: Henry Ferrand
Versión original en francés con subtítulos en español
Duración: 18 min

El cineasta francés Alain Resnais fue invitado en 1948 a hacer una película sobre las pinturas de Van Gogh, coincidiendo con una exposición que se estaba montando en París. Lo filmó en un primer momento en 16 mm pero cuando el productor Pierre Braunberger vio los resultados le pidió a Resnais rehacerlo en 35 mm. "Van Gogh" recibió un premio en la Bienal de Venecia en 1948, y también ganó un Oscar al mejor cortometraje (de dos rollos) en 1949.
"Esta película intenta reconstruir, únicamente a través de sus obras, la vida y la aventura espiritual de uno de los mayores pintores modernos. El genio y la importancia de Vincent Van Gogh son, hoy en día, universalmente reconocidos. Sin embargo, Van Gogh tuvo que luchar y trabajar desesperadamente en la miseria y en medio de una indiferencia casi total para intentar alcanzar mediante su pintura el absoluto que entreveía". 


Data: IMDb y Vimeo


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Elías Canetti: La voluptuosidad del chorro numérico

16 de marzo de 2014




Se cree capaz de todo; no se arredra ni ante lo más difícil: si él lo hace, tiene que salir bien. Se trata de una serie de decisiones, sorpresas, encubrimientos, exigencias, amenazas, promesas solemnes, rupturas de pactos, no agresiones temporales y, por último, de guerras; pero también se trata de una especie de omnisciencia referida, sobre todo, a sectores especializados.

Su memoria para las cifras es un capítulo aparte. Las cifras no desempeñan para Hitler el mismo papel que para los demás hombres. Tienen algo de las masas, que aumentan caprichosamente. Su pasión más intensa se centra en el número de alemanes que integrarán la población total de su Reich. La voluptuosidad del chorro numérico se torna clamorosa en sus discursos. El medio más poderoso para excitar a la masa es la simulación de su crecimiento. Mientras la masa sienta que va en aumento, no tendrá necesidad de disolverse. Cuanto mayor sea el número que se le proponga como objetivo, más profunda será la impresión que se lleve de sí misma. Pero hay que agudizarle el deseo de crecer hasta alcanzar aquella cifra. La excitación aumenta cada vez más al crecer el número: 160, 65, 68, 80, 100 millones de alemanes! Sin millones no puede hacerse nada; él ha experimentado en sí mismo la eficacia de este número: logrará reunirlos a todos. La masa, impresionada por estas cifras, las interpreta como un crecimiento inmediato, y su intensidad alcanza así el más alto grado imaginable. Nadie que haya recibido esta impresión logrará deshacerse de ella en su fuero interno. Volver incluso exteriormente a dicho estado será su manía incoercible. Los otros medios empleados en tales ocasiones son muy conocidos y no serán objeto del presente estudio. Conviene señalar, eso sí, el talento instintivo que, desde el inicio de su carrera, demostró poseer Speer al esbozar banderas gigantescas y disponerlas de modo particular.

En cuanto al gusto de Hitler por las grandes cifras, cabe añadir que se transfirió de los seres humanos a muchas otras cosas. Estaba perfectamente consciente de los enormes gastos que suponían sus edificios berlineses, y quería que alcanzasen la mayor cifra posible. El ejemplo de Luis II de Baviera no lo intimidaba sino que, por el contrario, lo atraía. Se imaginaba que algún día podría atraer turistas norteamericanos citando la cifra de mil millones que había costado su Kuppelberg en Berlín, y le divertía pensar que, de cara a ellos, dicha suma pudiera llevarse a mil quinientos millones. Recordaba con particular fruición las cifras que superasen cualquier cosa: eran sus números favoritos.

En cuanto la guerra cambia de rumbo, Hitler tiene que empezar a vérselas con otras cifras. Como nada le puede ser ocultado —él se reserva toda visión de conjunto y cualquier decisión—, sus ministros tienen la obligación de comunicarle las cifras de producción del enemigo que, al aumentar en forma brusca, presentan una analogía fatal con sus propias cifras, tal como él solía usarlas antes para alcanzar sus objetivos. Hitler las teme y se niega a hacerles caso. La vitalidad de los chorros numéricos le resulta demasiado familiar. Y ahora que se vuelven contra él siente su hostilidad y trata de eludir su contagio no haciéndoles caso alguno.





En La conciencia de las palabras
Ensayos 1962-1974, "Hitler según Speer"
Traducción de Juan José del Solar
Foto: Albert Speer och Adolf Hitler studerar en ritning för ett nytt operahus i Linz (Obersalzberg, juni 1939) 
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Elías Canetti en "Hampstead"

14 de marzo de 2014




Enfermo de voces.


Condenó su sueño antes de que se hubieran desprendido de él todas las hojas.


Uno que absorbe todo el veneno de los libros y, cuidadosamente dosificado, lo va inoculando en su entorno.


No me digas quién eres. Quiero endiosarte.


El nombre como raíz, y el nombre como recipiente.


Lo más alejado del mito es la descripción. Creo que por eso me avergüenzo de ella.


Él se ríe de puro olvidadizo.


Tener a alguien feliz en casa, para poder ser uno feliz en otro sitio.


Mutilar una frase en paisaje.


El no puede cerrarse al repugnante elogio, se le desliza muy adentro, hasta el corazón.


¿No sería el retorno aún más triste que la desaparición?


Un animal que viva desde el inicio de la Creación.






Hampstead. Apuntes rescatados 1954-1971
Traducción Juan José del Solar
Madrid, 1996
Imagen © Marie-Louise von Motesiczky, National Portrait Gallery, London, 1992


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Elías Canetti: El arco del triunfo

12 de marzo de 2014




De todas las construcciones que Hitler proyecta para Berlín, el arco del triunfo es quizás, junto con la gran Kuppelhalle, la más próxima a su corazón. Ya lo había esbozado en 1925. Una maqueta de casi cuatro metros de alto, concebida con base en aquel proyecto inicial, fue la sorpresa de Speer para el quincuagésimo cumpleaños de Hitler, en abril de 1939. Pocas semanas antes sus tropas habían entrado en Praga. Parecía, pues, un momento muy indicado para construir un arco del triunfo. Hitler queda sumamente conmovido por este regalo, que lo atrae constantemente: lo contempla largo rato, se lo enseña a sus huéspedes; a las Memorias de Speer va unida una fotografía que ilustra su entusiasmo. Difícilmente otro regalo ha conmovido tanto el corazón de su destinatario.

Hitler y Speer ya habían hablado a menudo de este arco del triunfo. Su altura debía ser de 120 metros: más del doble de la del Arc de Triomphe de Napoleón en París. "Al menos será un monumento digno para nuestros muertos de la Guerra Mundial. ¡El nombre de cada uno de nuestros 1.800.000 caídos será grabado en el granito!" Son palabras del propio Hitler, transmitidas por Speer. No hay nada que resuma en forma tan concisa la esencia de Hitler. La derrota de la primera Guerra Mundial no es reconocida y acaba transformada en victoria. Será celebrada por un arco del triunfo dos veces más grande que el que le fue concedido a Napoleón por todas sus victorias. De este modo se manifiesta su intención de superar las victorias napoleónicas. Como se ha previsto que su duración sea eterna, el arco será fabricado con piedra muy dura. Pero en realidad está constituido por algo mucho más precioso: 1.800.000 muertos. El nombre de cada uno de estos caídos será grabado en el granito. De este modo se les rinden honores, pero también se los mantiene unidos, más densamente unidos aún que en cualquier masa. En aquel número enorme constituyen el arco del triunfo de Hitler. Todavía no son los muertos de su nueva guerra, planeada y deseada por él mismo, sino los de la primera, en la que él participó como cualquier otro ciudadano. Logró sobrevivirla, pero permaneció fiel a su recuerdo y nunca renegó de ella. El reconocimiento de esos muertos le dio la fuerza necesaria para no aceptar jamás el resultado de la guerra. Ellos eran su masa cuando aún no tenía otra, y siente que realmente lo ayudaron a conquistar el poder: sin los muertos de la primera Guerra Mundial Hitler nunca hubiera existido. Su intención de reunirlos en un arco del triunfo es el reconocimiento de esta verdad y de su deuda para con ellos. Pero se trata de su arco del triunfo, que llevará su nombre. Será difícil que alguien lea muchos de los otros nombres; aun cuando lograse hacer grabar en la piedra 1.800.000 nombres, la gran mayoría de éstos nunca será tomada en consideración. Lo que permanecerá en la memoria será su número, y este número inmenso pertenece a su nombre.

La sensación de esta masa de muertos es decisiva en Hitler. Es su verdadera masa. Sin ella es imposible entenderlo de veras, imposible entender sus inicios, su poder, lo que llegó a emprender con este poder y el objetivo final de sus empresas. Su obsesión, manifiesta en una vitalidad siniestra, son estos muertos.






En La conciencia de las palabras
Ensayos 1962-1974, "Hitler según Speer" 
Traducción de Juan José del Solar
Imagen: Albert Speer y Adolf Hitler por Heinrich Hoffmann 
Archivos Federales de Alemania


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Pascal Quignard: De los lazos entre el sonido y la noche

7 de marzo de 2014




Presento la conjetura propia de este breve tratado en la forma siguiente: esas cavernas no son santuarios de imágenes.

Sostengo que las grutas paleolíticas son instrumentos de música cuyas paredes fueron decoradas.

Son resonadores nocturnos que fueron pintados de un modo nada panorámico: se los pintó en lo invisible. Son cámaras de eco, y el eco determinó la elección de las paredes decoradas. El eco es el lugar del doble sonoro (del mismo modo que la máscara es el lugar del doble visible: máscaras de bisonte, máscaras de ciervo, máscaras de ave de presa de pico curvo, maniquí del hombre-bisonte).

El hombre-ciervo representado al fondo del agujero sin salida de la gruta de Trois-Fréres sostiene un arco. No distinguiré el arma de caza de la primera lira, así como tampoco distinguí a Apolo arquero de Apolo citarista.


*


Las pinturas rupestres empiezan donde se deja de ver la mano desplegada delante del rostro.

Donde se ve el color negro.

El eco es el guía y el referente en la oscuridad silenciosa donde penetran y donde buscan imágenes.


*


El eco es la voz de lo invisible. Durante el día los vivos no ven a los muertos. Pero los ven en la noche, en los sueños. En el eco el emisor es inhallable. Lo visible y lo audible juegan a las escondidas.


*


Los primeros hombres pintaron sus visiones nocturnae siguiendo las propiedades acústicas de algunas paredes. En las grutas de Ariége los pintores chamanes paleolíticos representan los rugidos justo delante de las fauces o el morro de las fieras, en forma de trazos agrupados. Aquellas marcas, incluso incisiones, son su rugido. Pintaron también a los chamanes enmascarados, con sus señuelos o sus arcos. La resonancia, en el gran santuario resonador, se vinculó con las apariciones tras los cortinajes de estalagmitas.

A la luz de la antorcha de grasa, que descubría una por una las epifanías bestiales rodeadas de penumbra, respondían las músicas de los litófonos de calcita.


*


En Malta, en la gruta de Hipogeo, hay una cavidad resonante tallada por mano de hombre. Tiene una frecuencia de noventa hertz, cuya amplificación resulta aterradora si las voces emitidas son graves.

R. Murray Shafer recensó en sus libros todos los zigurats, templos, criptas y catedrales con eco, con reverberación, con laberinto polifónico.

El eco engendra el misterio del mundo alter ego.

Lucrecio decía sencillamente que todo espacio de ecos es un templo.


*


Isis, cuando regaló a los primeros egipcios el modelo del lamento, dice en su lamentación que cuando los ojos no ven los ojos desean.

El cántico puntualiza, en detrimento del lenguaje, que la voz que llama a los muertos no logra hacerse oír por ellos. La voz sólo los nombra. Sólo puede llamar al dolor a aquellas que están privadas del que amaron.

El mito dice que cuando Isis comenzó su primer lamento -la lamentación sobre el cadáver de Osiris castrado y cuyo sexo se había perdido-, en ese preciso instante, murió el hijo de la reina de Byblos.


*


La primera narración figurativa fue pintada al fondo de un pozo situado al fondo de una caverna completamente oscura. Es un hombre itifálico muriendo de espaldas, un bisonte que lo ataca, destripado por un venablo, un cayado coronado por una cabeza de pájaro de pico curvo.


La última religión que persiste en el espacio donde vivo representa a un hombre que muere.

Está dicho en el Nuevo Testamento que Cristo recibió la palmada con los ojos vendados.

Todo Dios sangra en la sombra.

Dios sólo sangra en la audición y en la noche. Fuera de la noche o de las grutas, resplandece.

Isaac ya no puede ver. Está en su noche. Jacob dice: "No te traje un cordero desgarrado por las fieras".

Jacob no trajo un cordero desgarrado por los animales feroces, pero con él cubrió sus brazos.

Isaac lo palpa y dice: "La voz es de Jacob, pero los brazos son de Esaú", y lo bendice.



*


De niño, cantaba. Adolescente, igual que todo adolescente, mi voz se quebró. Pero pervivió, sofocada y perdida. Me sumergí apasionadamente en la música instrumental. Hay un lazo directo entre la música y el cambio de voz. Las mujeres nacen y mueren en un soprano que parece indestructible. Su voz es un reino. Los hombres pierden sus voces de niño. A los trece años enronquecen, cacarean, balan. Es curioso que nuestro idioma diga todavía que cacarean o balan. Los hombres se incluyen entre los animales cuya voz se quiebra. En la especie, conforman la especie de los cantos a dos voces.

Es posible definidos desde la pubertad: humanos a quienes la voz abandonó cual una muda.

Para la voz masculina, la niñez, el no-lenguaje, la relación con la madre y con su agua oscura con tabique del amnios, luego la obediente elaboración de las primeras emociones y finalmente la voz infantil que atrae al lenguaje materno, son la piel de una serpiente.

Entonces o bien los hombres cercenan las bolsas testiculares e interrumpen la muda: es la voz infantil para siempre. Son los castrados.

O bien los hombres componen con la voz perdida. Son los compositores. Recomponen como pueden un territorio sonoro que no muda, inmóvil.

O también los humanos suplen con instrumentos el desmayo corporal y el abandono sonoro en que los hundió su voz enronquecida.

Recobran así los registros agudos, a la vez pueriles y maternales, de la emoción naciente, de la patria sonora.


*






En El odio a la música: Cuarto tratado (fragmento)
Título de la edición original: La Haine de la Musique
Traducción y notas de Pierre Jacomet
Santiago de Chile, 1998
Foto original color: PQ por Sophie Bassouls Paris 1986 Sygma Corbis


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Wislawa Szymborska: Fin y principio

1 de marzo de 2014




Después de cada guerra
alguien tiene que hacer la limpieza.
Un mínimo orden
no se hará solo.

Alguien tiene que apartar los escombros
de los caminos
para que puedan pasar
carros llenos de cadáveres.

Alguien tiene que hundirse
en el fango y en la ceniza,
en los muelles de los sofás,
en las esquirlas de vidrio
y en los trapos ensangrentados.

Alguien tiene que arrastrar una viga
para apuntalar la pared,
alguien debe poner cristales en las ventanas
y colocar la puerta en los goznes.

Es una labor nada fotogénica
y requiere años.
Las cámaras ya se han ido
a otra guerra.

Otra vez puentes,
de nuevo estaciones.
Las mangas se deshilacharán
a fuerza de arremangarse.

Alguien, escoba en mano,
recuerda aún cómo era todo.
Alguien escucha
y asiente con la cabeza que no le arrancaron.
Pero pronto, muy cerca,
empiezan a pulular
quienes lo encuentran aburrido.

Alguien todavía a veces
de debajo de una mata desentierra
argumentos oxidados
y los arroja al montón de desechos.

Quienes saben
la trama de la historia
tienen que ceder
a quienes apenas la conocen.
Y menos que apenas.
E incluso casi nada.

En la hierba que ha crecido
sobre causas y efectos
alguien debe tumbarse
con una espiga entre los dientes
para contemplar las nubes.



´


En Fin y principio (1993)
Antologado en español Paisaje con grano de arena (1957/1993)
Traducción: Jerzy Sławomirski y Ana María Moix, 1997
Foto: Ceremonia Premio Nobel - archiwalna/Reuters


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Ni como poeta ni como individuo (II): Pablo Neruda sobre Fidel Castro y el Che Guevara

26 de febrero de 2014




Dos semanas después de su victoriosa entrada en La Habana, llegó Fidel Castro a Caracas por una corta visita. Venía a agradecer públicamente al gobierno y al pueblo venezolanos la ayuda que le habían prestado. Esta ayuda había consistido en armas para sus tropas, y no fue naturalmente Betancourt (recién elegido presidente) quien las proporcionó, sino su antecesor el almirante Wolfgang Larrazábal. Había sido Larrazábal amigo de las izquierdas venezolanas, incluyendo a los comunistas, y accedió al acto de solidaridad con Cuba que éstos le solicitaron.

He visto pocas acogidas políticas más fervorosas que la que le dieron los venezolanos al joven vencedor de la revolución cubana. Fidel habló cuatro horas seguidas en la gran plaza de El Silencio, corazón de Caracas. Yo era una de las doscientas mil personas que escucharon de pie y sin chistar aquel largo discurso. Para mí, como para muchos otros, los discursos de Fidel han sido una revelación. Oyéndole hablar ante aquella multitud, comprendí que una época nueva había comenzado para América Latina. Me gustó la novedad de su lenguaje. Los mejores dirigentes obreros y políticos suelen machacar fórmulas cuyo contenido puede ser válido, pero son palabras gastadas y debilitadas en la repetición. Fidel no se daba por enterado de tales fórmulas. Su lenguaje era natural y didáctico. Parecía que él mismo iba aprendiendo mientras hablaba y enseñaba.

El presidente Betancourt no estaba presente. Le asustaba la idea de enfrentarse a la ciudad de Caracas, donde nunca fue popular. Cada vez que Fidel Castro lo nombró en su discurso se escucharon de inmediato silbidos y abucheos que las manos de Fidel trataban de silenciar. Yo creo que aquel día se selló una enemistad definitiva entre Betancourt y el revolucionario cubano. Fidel no era marxista ni comunista en ese tiempo; sus mismas palabras distaban mucho de esa posición política. Mi idea personal es que aquel discurso, la personalidad fogosa y brillante de Fidel, el entusiasmo multitudinario que despertaba, la pasión con que el pueblo de Caracas lo oía, entristecieron a Betancourt, político de viejo estilo, de retórica, comités y conciliábulos. Desde entonces Betancourt ha perseguido con saña implacable todo cuanto de cerca o de lejos le huela a Fidel Castro o a la revolución cubana.

Al día siguiente del mitin, cuando yo estaba en el campo de picnic dominical, llegaron hasta nosotros unas motocicletas que me traían una invitación para la embajada de Cuba. Me habían buscado todo el día y por fin habían descubierto mi paradero. La recepción sería esa misma tarde. Matilde y yo salimos directamente hacia la sede de la embajada. Los invitados eran tan numerosos que sobrepasaban los salones y jardines. Afuera se agolpaba el pueblo y era difícil cruzar las calles que conducían a la casa.

Atravesamos salones repletos de gente, una trinchera de brazos con copas de cóctel en alto. Alguien nos llevó por unos corredores y unas escaleras hasta otro piso. En un sitio sorpresivo nos estaba esperando Celia, la amiga y secretaria más cercana de Fidel. Matilde se quedó con ella. A mí me introdujeron a la habitación vecina. Me encontré en un dormitorio subalterno, como de jardinero o de chofer. Sólo había una cama de la cual alguien se había levantado precipitadamente, dejando sábanas en desorden y una almohada por el suelo. Una mesita en un rincón y nada más. Pensé que de allí me pasarían a algún saloncito decente para encontrarme con el comandante. Pero no fue así. De repente se abrió la puerta y Fidel Castro llenó el hueco con su estatura.

Me sobrepasaba por una cabeza. Se dirigió con pasos rápidos hacia mí.

—Hola, Pablo! —me dijo y me sumergió en un abrazo estrecho y apretado.

Me sorprendió su voz delgada, casi infantil. También algo en su aspecto concordaba con el tono de su voz. Fidel no daba la sensación de un hombre grande, sino de un niño grande a quien se le hubieran alargado de pronto las piernas sin perder su cara de chiquillo y su escasa barba de adolescente.

De pronto interrumpió el abrazo con brusquedad. Se quedó como galvanizado. Dio media vuelta y se dirigió resueltamente hacia un rincón del cuarto. Sin que yo me enterara había entrado sigilosamente un fotógrafo periodístico y desde ese rincón dirigía su 'cámara hacia nosotros. Fidel cayó a su lado de un solo Impulso. Vi que lo había agarrado por la garganta y lo sacudía. La cámara cayó al suelo. Me acerqué a Fidel y lo tomé de un brazo, espantado ante la visión del minúsculo fotógrafo que se debatía inútilmente. Pero Fidel le dio un empellón hacia la puerta y lo obligó a desaparecer. Luego se volvió hacia mí sonriendo, recogió la cámara del suelo y la arrojó sobre la cama.

No hablamos del incidente, sino de las posibilidades de una agencia de prensa para la América entera. Me parece que de aquella conversación nació Prensa Latina. Luego, cada uno por su puerta, regresamos a la recepción.

Una hora más tarde, regresando ya de la embajada en compañía de Matilde, me vinieron a la mente la cara aterrorizada del fotógrafo y la rapidez instintiva del jefe guerrillero que advirtió de espaldas la silenciosa llegada del intruso.

Ese fue mi primer encuentro con Fidel Castro. ¿Por qué rechazó tan rotundamente aquella fotografía? Encerraba su rechazo un pequeño misterio político. Hasta ahora no he logrado comprender por qué motivo nuestra entrevista debía tener carácter tan secreto.

Fue muy diferente mi primer encuentro con el Che Guevara. Sucedió en La Habana. Cerca de la una de la noche llegué a verlo, invitado por él a su oficina del Ministerio de Hacienda o de Economía, no recuerdo exactamente. Aunque me había citado para la media noche, yo llegué con retardo. Había asistido a un acto oficial interminable y me sentaron en el presidium.

El Che llevaba botas, uniforme de campaña y pistolas a la cintura. Su indumentaria desentonaba con el ambiente bancario de la oficina.

El Che era moreno, pausado en el hablar, con indudable acento argentino. Era un hombre para conversar con él despacio, en la pampa, entre mate y mate. Sus frases eran cortas y remataban en una sonrisa, como si dejara en el aire el comentario.

Me halagó lo que me dijo de mi libro Canto general. Acostumbraba leerlo por la noche a sus guerrilleros, en la Sierra Maestra. Ahora, ya pasados los años, me estremezco al pensar que mis versos también le acompañaron en su muerte. Por Régis Debray supe que en las montañas de Bolivia guardó hasta el último momento en su mochila sólo dos libros: un texto de aritmética y mi Canto general.

Algo me dijo el Che aquella noche que me desorientó bastante pero que tal vez explica en parte su destino. Su mirada iba de mis ojos a la ventana oscura del recinto bancario. Hablábamos de una posible invasión norteamericana a Cuba. Yo había visto por las calles de La Habana sacos de arena diseminados en puntos estratégicos. El dijo súbitamente:

—La guerra… La guerra… Siempre estamos contra la guerra pero cuando la hemos hecho no podemos vivir sin la guerra. En todo instante queremos volver a ella.

Reflexionaba en voz alta y para mí. Yo lo escuché con sincero estupor. Para mí la guerra es una amenaza y no un destino.

Nos despedimos y nunca más lo volví a ver. Luego acontecieron su combate en la selva boliviana y su trágica muerte. Pero yo sigo viendo en el Che Guevara aquel hombre meditativo que en sus batallas heroicas destinó siempre, junto a sus armas, un sitio para la poesía.

A América Latina le gusta mucho la palabra «esperanza». Nos complace que nos llamen «continente de la esperanza». Los candidatos a diputados, a senadores, a presidentes, se autotitulan «candidatos de la esperanza».

En la realidad esta esperanza es algo así como el cielo prometido, una promesa de pago cuyo cumplimiento se aplaza. Se aplaza para el próximo período legislativo, para el próximo año o para el próximo siglo.

Cuando se produjo la revolución cubana, millones de sudamericanos tuvieron un brusco despertar. No creían lo que escuchaban. Esto no estaba en los libros de un continente que ha vivido desesperadamente pensando en la esperanza.

He aquí de pronto que Fidel Castro, un cubano a quien antes nadie conocía, agarra la esperanza del pelo o de los pies, y no le permite volar, sino la sienta en su mesa, es decir, en la mesa y en la casa de los pueblos de América.

Desde entonces hemos adelantado mucho en este camino de la esperanza vuelta realidad. Pero vivimos con el alma en un hilo. Un país vecino, muy poderoso y muy imperialista, quiere aplastar a Cuba con esperanza y todo. Las masas de América leen todos los días el periódico, escuchan la radio todas las noches. Y suspiran de satisfacción. Cuba existe. Un día más. Un año más. Un lustro más. Nuestra esperanza no ha sido decapitada. No será decapitada.






Confieso que he vivido. Memorias (1974)
Foto: F. Castro y P. Neruda en el aula magna de la Universidad Nacional de Venezuela, 1959 (s-d) 


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Pascal Quignard: Eochaid

25 de febrero de 2014




El primer rey que reinó en Irlanda se llamaba Eochaid y fue apodado Feidleach. Su pueblo creía que le apodaron Feidleach porque era feidil, que quiere decir justo. Pero el sobrenombre tenía un significado muy distinto.

Antaño Eochaid tenía cuatro hijos. Cuando llegó a viejo sus cuatro hijos se aliaron contra él. Lo enfrentaron en el santuario de Druim Criach. Primero Eochaid intentó concluir una tregua con sus hijos. Pero sólo el más joven aceptó y abandonó Druim Criach, no queriendo combatir contra sus hermanos. Los otros tres rechazaron el acuerdo. De inmediato Eochaid maldijo a sus tres hijos, diciendo: -¡Que sean iguales a su nombre!

Entonces Eochaid libró la batalla y mató a siete mil guerreros, pese a no tener más de tres mil hombres a sus órdenes. Sus tres hijos cayeron en la batalla. Luego -habiendo sido decapitados los tres- las tres cabezas fueron llevadas a Druim Criach antes de que finalizara el día. Eochaid las miró y no dijo nada hasta que llegó la noche y sumió a los cuatro (los tres hijos y el padre) en la oscuridad. De allí viene el sobrenombre Feidleach, que significa fedil uch, largo suspiro, porque después de que sus hijos fueron muertos en la batalla de Druim Criach la tristeza jamás abandonó el corazón del rey.

Ningún guerrero dudó del sufrimiento que el rey sintió ante las cabezas expuestas a su mirada. Todos lo admiraron, porque el rey no se había desembarazado de su dolor.

Se le apodó Largo Suspiro porque no había emitido la menor queja.


*


Decir es perder.

Deseó guardar a sus hijos en su corazón.

Gruta nocturna, hocico animal, boca humana son lo mismo.

Sala de pinturas, sala-máscara, sala de iniciación, sala caníbal, sala vedada, sala secreta son lo mismo.


*


El dolor que Echoaid sintió en el crepúsculo que siguió a la batalla de Druim Criach (cuando la noche empezó a caer sobre las cabezas cercenadas de sus tres hijos) jamás salió de su boca. Ni al morir. Ni siquiera en el instante de su muerte.


*


Largo suspiro porque lo contuvo hasta el país de los muertos, donde se reunió con ellos.


*


Toda la música europea del siglo diecinueve -suerte de antónimo del rey Echoaid- es un largo suspiro que desborda los labios, un inmenso suspiro desparramado, un sollozo sin fin que no disimula, que suelta todo el dolor hasta el punto de llamarlo y amarlo. Denomino música romántica europea a la que fue escrita entre mil setecientos ochenta y nueve y mil novecientos catorce. Música que se ha convertido en integralmente inaudible, sentimental, escandalosa, ahora planetaria, multiplicada eléctricamente, esencialmente belicosa. Las lágrimas de la nostalgia por el lugar ancestral caen de los ojos de Fréderic Chopin, de los de Richard Wagner, de los de Giuseppe Verdi. ¿Qué inventó la Europa romántica? La guerra espantosa. El nacionalismo fue la gran reivindicación de los románticos y lo concibieron cual un derecho a la guerra considerada feidil, es decir justa.

La leyenda de los reyes de Irlanda dice que feidleach no quiere decir justo sino fedil uch, largo suspiro.

De pronto, los románticos definieron la guerra como una liberación.






Fragmento de "Res, Eochaid, Eckhart"
El odio a la música (Octavo Tratado)
Título de la edición original: La Haine de la Musique
Traducción y notas de Pierre Jacomet
Santiago de Chile, 1998
Foto: Manuel Braun

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