Mes pas dans les tiens

1 de agosto de 2015




La clef sans bruit
Longueuil, Sur la passerelle, 20 février 2014



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Edgar Bayley: Dedicatoria




dedico esta rosa la página prisionera
a la bella pizarra de ultramar
a pálidas astucias golondrinas promesas del narciso
dedico estas líneas este espacio este vacío
el callado grito la pereza el perverso insomnio
la luz cenital la buena muchacha y el sombrero del chivo
dedico dedico dono dilapido papeles infancia silencio y temblores
gasto mi abanico mis redes mis puertas cerradas
en destinados pasos en renuncias y caireles
dedico un encendido caballo un padre una estrella una balandra
pero nada puedo contra el diamante y la sombra
contra el creciente topacio que devora mis días






Celebraciones 1968/1976
En Edgar Bayley, Obra poética
Buenos Aires, Corregidor, 1976
Foto intervenida: sin atribución de autor ni fecha



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Hace un mes, las últimas fotos

26 de julio de 2015




 18.59 hs.




 19 hs.




21.51 hs.



Longueuil, 26 de junio 2015
La clef sans bruit



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Tea for two: Triennale-Longueuil

22 de julio de 2015









Milano, Italia: terrazza della Triennale
© Ferdinando Scianna/Magnum Photos
A partir de y de



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Je te cherche

16 de julio de 2015







Samuel Chagalov, Longueuil, 7 mars 2014


Nous rassemblerons les images et les images des images jusqu’à 
la dernière qui est blanche et sur laquelle nous nous accorderons


Edmond Jabès, Le Livre de Yukel
dans Le Livre des questions 
Gallimard, 2006


La clef sans bruit




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Guillaume Apollinaire: Les fenêtres

12 de julio de 2015




Du rouge au vert tout le jaune se meurt
Quand chantent les aras dans les forêts natales
Abatis de pihis
Il y a un poème à faire sur l'oiseau qui n'a qu'une aile
Nous l'enverrons en message téléphonique
Traumatisme géant
Il fait couler les yeux
Voilà une jolie jeune fille parmi les jeunes Turinaises
Le pauvre jeune homme se mouchait dans sa cravate blanche
Tu soulèveras le rideau
Et maintenant voilà que s'ouvre la fenêtre
Araignées quand les mains tissaient la lumière
Beauté pâleur insondables violets
Nous tenterons en vain de prendre du repos
On commencera à minuit
Quand on a le temps on a la liberté
Bigorneaux Lottes multiples Soleils et l'Oursin du couchant
Une vieille paire de chaussures jaunes devant la fenêtre
Tours
Les tours ce sont les rues
Puits
Puits ce sont les places
Puits
Arbres creux qui abritent les Câpresses vagabondes
Les Chabins chantent des airs à mourir
Aux Chabines marronnes
Et l'oie oua-oua trompette au nord
Où les chasseurs de ratons
Raclent les pelleteries
Étincelant diamant
Vancouver
Où le train blanc de neige et de feux nocturnes fuit l'hiver
O Paris
Du rouge au vert tout le jaune se meurt
Paris Vancouver Hyères Maintenon New-York et les Antilles
La fenêtre s'ouvre comme une orange
Le beau fruit de la lumière


Calligrammes. Poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916)
Source


Guillaume Apollinaire chez Paul Guillaume, Paris, 1916 -nd 




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Virginia Woolf: Night and Day

10 de julio de 2015





They both looked out of the window, first up at the hard silver moon, stationary among a hurry of little grey-blue clouds, and then down upon the roofs of London, with all their upright chimneys, and then below them at the empty moonlit pavement of the street, upon which the joint of each paving-stone was clearly marked out. Mary then saw Katharine raise her eyes again to the moon, with a contemplative look in them, as though she were setting that moon against the moon of other nights, held in memory. Some one in the room behind them made a joke about star-gazing, which destroyed their pleasure in it, and they looked back into the room again.









Virginia Woolf,  Night and Day
Foto: George Charles Beresford - Virginia Woolf  in 1902


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Robert Sabatier: La tierra del verano (bilingüe)

9 de julio de 2015





Caballo, buen caballo que te acercas
tú no verás jamás lo que yo veo.
A acariciar el pelo de la infancia
vine con una llama en cada dedo.

Digo palabras, luz me da su aceite
y arde sin consumirse mi mirada.
La ciudad que se incendia llevo en mí
y en ella una mujer que hay que salvar.
Una alondra, una antorcha sosegada
hija de fuego que insiste en soñar.

El aire está repleto de soldados,
de muros, de caballos que se espantan
de galopes furiosos una chispa
bajo los cascos de la tempestad
y mi pecho revienta de metralla
y sólo con mi aliento abraso el bosque.

Hablo para la nutria y el visón
hablo para la sed y la laguna
hablo entre mí para apartar las vigas
y el pelo de la frente de mi niño
mi niño más azul que mil caminos
más puro en mí que el árbol en el viento.

Caballo, buen caballo que me escuchas
dime que me comprendes, buen caballo.


De Las fiestas solares



Cheval, cheval, beau cheval qui t’avances
Tu ne verras jamais ce que je vois
Pour caresser les cheveux de l’enfance
Je suis venu la flamme à chaque doigt.

Je dis des mots, je m’éclaire à leur huile
Et mon regard brûle sans consumer
Je porte en moi l’incendie de la ville
Et dans la ville une femme à sauver
Une alouette, une torche tranquille
Fille de feu qui persiste à rêver.

L’air est empli de soldats, de murailles
De soubresauts, de galops effarés
Une étincelle aux sabots de l’orage
Et ma poitrine éclate de mitraille
Et mon seul souffle embrase la forêt.

Je dis des mots pour la martre et la loutre
Je dis des mots pour la soif et l’étang

Je parle en moi pour écarter les poutres
Et les cheveux du front de mon enfant
Mon bel enfant plus bleu que mille routes
Plus pur en moi que l’arbre dans le vent

Cheval, cheval, beau cheval qui m’écoutes
Cheval, cheval, dis-moi que tu comprends.



Foto Sophie Bassouls, 1993



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Charles Baudelaire: Les fenêtres / Las ventanas

8 de julio de 2015






Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n'est pas d'objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu'une fenêtre éclairée d'une chandelle. Ce qu'on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.

Par-delà des vagues de toits, j'aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j'ai refait l'histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant.

Si c'eût été un pauvre vieux homme, j'aurais refait la sienne tout aussi aisément.

Et je me couche, fier d'avoir vécu et souffert dans d'autres que moi-même.

Peut-être me direz-vous: «Es-tu sûr que cette légende soit la vraie?» Qu'importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m'a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis?




Quien mira desde afuera a través de una ventana abierta nunca ve tantas cosas como el que mira una ventana cerrada. No hay objeto más profundo, más misterioso, más fértil, más tenebroso, más deslumbrante que una ventana iluminada por una vela. Lo que se puede ver al sol es siempre menos interesante que lo que ocurre detrás de un vidrio. En ese agujero negro o luminoso vive la vida, sueña la vida, sufre la vida.

Más allá de las olas de los techos, descubro una mujer madura, arrugada ya, pobre, siempre inclinada sobre algo, y que no sale nunca. Con su rostro, con su ropa, con sus gestos, con casi nada, reconstruí la historia de esta mujer, o más bien su leyenda, y a veces me la cuento a mí mismo llorando.

Si hubiera sido un pobre viejo, hubiese reconstruido la suya con la misma facilidad.

Y me acuesto, orgulloso de haber vivido y sufrido en otros que no son yo.

Quizá me digan ustedes: "¿Estás seguro de que esa leyenda es la verdadera?" ¿Qué importa lo que pueda ser la realidad situada fuera de mí, si me ayudó a vivir, a sentir que soy y lo que soy?






Le Spleen de Paris - Petits poèmes en prose (1869)

Versión castellana en Poesía francesa del siglo XX 
traducida por Raúl Gustavo Aguirre 
Poetas franceses contemporáneos (De Baudelaire a nuestros días) Vía

Foto: Ch.B. por Felix Nadar 1855 [+]

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Edmond Jabès: Toujours cette image

7 de julio de 2015







Toujours cette image de la main et du front,
de l’écrit rendu à la pensée

Tel l’oiseau dans le nid, ma tête est dans ma main.
L’arbre resterait à célébrer, si le désert n’était partout.

Immortels pour la mort. Le sable est notre part insensée d’héritage.
Puisse cette main où l’esprit s’est blotti, être pleine de semences.
Demain est un autre terme.

Saviez-vous que nos ongles autrefois furent des larmes?
Nous grattons les murs avec nos pleurs durcis comme nos cœurs-enfants.

Il ne peut y avoir de sauvetage
quand le sang a noyé le monde. Nous ne disposons que de nos bras
pour rejoindre, à la nage, la mort

(Au-delà des mers, au-dessus des crêtes, minuscule planète non identifiée,
mains urnes, rondes mains comblées, échappées à la pesanteur.)

Lorsque la mémoire nous sera rendue, l’amour connaîtra-t-il enfin son âge?

Bonheur d’un vieux secret partagé.
À l’univers s’accroche encore l’espérance du premier vocable; à la main,
la page froissée.

Il n’y a de temps que pour l’éveil.



Le Seuil le Sable : poésies complètes 1943-1988 (Gallimard, 1990)
Photo: Edmond Jabès, nd -by Bracha L. Ettinger



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